23.05.2007
Alternative Libérale : 50 candidats défendent la Liberté aux législatives !
Presque cinq mois se sont écoulés depuis ma dernière intervention sur ce blog.
Entre-temps, bien des choses se sont passées, qui auraient justifié chacune des commentaires (élection présidentielle en France, actualité judiciaire, développements politiques en Turquie, et j’en passe…). Alors, plutôt qu’une intervention à contretemps sur ces événements, je voudrais consacrer mon retour à la campagne législative qui vient officiellement de débuter.
Tout d’abord, il va de soi que je soutiendrai les candidats d’Alternative Libérale, dont la liste et le programme sont disponibles sur le site de ce parti : http://www.alternative-liberale.fr/ (avec lien, le cas échéant, vers le blog personnel de chaque candidat).
Bien évidemment, je ne cache pas non plus l’attrait que peut avoir pour moi la démarche actuelle de François Bayrou, Corinne Lepage, etc… au sein du Modem en voie de création. Néanmoins, si je me retrouve en accord total avec eux sur les questions institutionnelles et la pratique qu’ils proposent des mandats politiques, je ne peux pour l’heure leur apporter un soutien définitif, à défaut pour eux de présenter des orientations claires au-delà de ces thèmes. Visiblement écartelés entre des appels du pied fait au parti socialiste dans les derniers jours de la campagne présidentielle et un fond politique clairement issu du centre droit, ils ne permettent pas encore de déterminer quelle sera leur synthèse de ces différents courants. En clair, j’attends de voir si leurs orientations rejoindront celles des libéraux sur les thèmes sociaux et économiques… Dans tous les cas, je pense même qu’il est important qu’une voix authentiquement libérale, incarnée essentiellement par AL, continue de se faire entendre au sein du paysage politique français.
Quant à l’UMP et la « tentation » qui pourrait naître de donner une majorité franche au président nouvellement élu, je ne suis toujours pas convaincu, malgré un ton résolument nouveau donné à l’exercice de la fonction présidentielle dès les premiers jours, que cette revendication du changement tant affirmée saura se traduire en actes, ou pour reprendre les termes de Nicolas Sarkozy, en « résultats ». Quand bien même cela serait le cas, je ne peux m’accorder avec les orientations toujours résolument « étatistes » et conservatrices de notre nouveau Président. Là aussi, tout en espérant le meilleur, j’attends de voir comment des personnes qui sont quasiment toutes issues de « l’Ancien Régime » pourront provoquer les changements qu’elles n’ont pu, ou voulu, initier lorsqu’elles étaient… au pouvoir. Je crains donc les réformes de demi-mesure (pour ne pas dire moins, lorsqu’on entend par exemple la volonté d’exonérer de charges sociales les heures supplémentaires, alors que si l’on était consistant avec le principe selon lequel le travail doit être revalorisé, c’est l’ensemble des heures travaillées – la 1èrecomme la 36ème – qui devrait bénéficier d’une incitation, d’égale valeur), et surtout, l’immobilisme sur les thèmes de société qui, s’ils ont un impact certes plus indirect sur la « croissance », sont primordiaux pour mettre la France au niveau de ces voisins, et même lui redonner l’avance qu'elle mérite en matière de libertés.
Mon vote sera donc résolument violet, le 10 et, espérons-le, également le 17 juin prochains ! D’ici là, j’invite tous les amoureux de la liberté à consulter le site d’AL et à se rapprocher du mouvement.
22:10 Publié dans 4. Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06.01.2007
Poutine décoré de la Légion d'Honneur par Jacques Chirac
Ce n’est qu’à l’occasion d’une rétrospective de l’année 2006 que je viens d’apprendre qu’en septembre dernier, notre Président Jacques Chirac a décoré du grade de Grand Croix de Légion d’Honneur le Président russe Vladimir Poutine, dans le plus grand silence vis-à-vis des médias français.
L’information se passe de commentaires, mais je signale trois séquences vidéos intéressantes sur ce sujet, disponibles sur le blog suivant : http://www.dailymotion.com/JeanBleuzen/video/xibl4_chirac....
11:45 Publié dans 4. Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.11.2006
Le bêtisier de la campagne : pot-pourri des promesses les plus ubuesques des principaux candidats autoproclamés
Voici, agrémentées de quelques commentaires, certaines des propositions les plus curieuses, voire inquiétantes, faites par les deux candidats préférés des médias français à l’élection présidentielle de 2007.
Honneur aux dames… Ségolène Royal :
· Obligation d’adhérer à un syndicat : Dans un esprit sans doute encore enclin à trouver des attraits à l’expérience communiste, il n’y a qu’un pas de la liberté syndicale à la tyrannie des représentants des travailleurs, que l’on franchit aisément… Cette réponse à la crise de représentativité du syndicalisme français a au moins le mérite de la simplicité, tout en évitant d’aborder le problème de fond que sont les causes du désintérêt des travailleurs français pour les centrales syndicales traditionnelles. Sauf que certains juristes et ultra-libéraux chagrins feront remarquer que la liberté syndicale emporte celle de ne pas adhérer à un syndicat, et qu’il faudrait donc un changement de la Constitution et la dénonciation d’un certain nombre de conventions internationales pour ce faire. A moins que, par débordement d’ambition et un minimum d’égard vis-à-vis des libertés fondamentales, on s’attache aux racines du problème, et que l’on crée de véritables incitations réciproques susceptibles de réconcilier syndicats et travailleurs (abolition de la représentativité de plein droit et notamment des privilèges qui y sont liés en matière de négociation et d’élections professionnelles, exclusivité des bénéfices d’une convention collective signée par un syndicat aux membres de ce dernier…).
· Jurys populaires pour contrôler les élus : Il existe actuellement en France, à chaque échelon, suffisamment d’assemblées élues pour contrôler – du moins en théorie – le travail des chefs de l’exécutif (conseil municipal, conseil général, conseil régional, Assemblée nationale, Sénat…). Si ces assemblées, qui tirent leur légitimité du suffrage universel, ne font pas leur travail, alors sans doute faut-il rééquilibrer leurs pouvoirs et remplacer massivement leurs occupants inefficaces. Mais vouloir les remplacer par des jurys n’ayant d’autre « légitimité » que celle du tirage au sort, voilà qui en dit long sur la conception que l’auteur de cette proposition entretient de la démocratie ! A suivre ce raisonnement, que se soucie-t-on d’organiser des élections, et pourquoi Ségolène Royal part-elle en campagne plutôt que d'engranger le maximum de tickets pour cette vaste loterie « démocratique » qu’elle appelle de ces vœux ?… Seule question pratique : cette vaste mascarade rejoindrait-elle le monopole de la Française de Jeux, et qu'en penserait alors la Commission européenne ?
On n’est pas en reste à droite… Nicolas Sarkozy :
· Service civique obligatoire : (A vrai dire, j’aurais pu attribuer cette proposition à Ségolène Royal, puisqu’elle figure depuis plus longtemps dans les cartons, puis dans le programme du parti socialiste. Mais comme en ces temps d’opportunisme, les jeunes convertis semblent être les plus zélés, je m’attacherai ici à la paternité alléguée sarkozyste) Sous l’Ancien Régime, on appelait cela tout simplement la corvée. Il s’agissait d’une institution certes utile au Royaume, notamment pour se doter de routes à une époque où les DDE n’existaient pas, mais dont le caractère inique était tel qu’il ne fallut pas attendre la Révolution pour qu’elle soit abolie, à l’instigation de Turgot. Je ne suis pas sûr qu’une reformulation dans un vocabulaire plus inspiré par le style politico-administrativement correct actuel y change grand chose (d’ailleurs, il y aurait bien plus qu’une ressemblance d’acronymes entre ce qui deviendrait le « SCO » et le « STO » de naguère…). Outre que la France a signé suffisamment de conventions internationales et s’est dotée, fort heureusement, de suffisamment de règles constitutionnelles pour faire échec le cas échéant à cette institution, il y a là un errement politique particulièrement inquiétant. Quelle vision de la jeunesse doit avoir un homme qui veut condamner au travail forcé pendant plusieurs mois l’intégralité des jeunes de ce pays, indépendamment de l’utilité sociale dont ceux-ci peuvent faire preuve à travers leurs études, leurs activités professionnelles ou associatives librement consenties. Vouloir traiter l’intégralité des jeunes en voyous et les rendre collectivement responsables de toutes les incivilités que subit ce pays démontre que Nicolas Sarkozy ne prend même plus le temps de prendre le moindre recul par rapport aux notes sur la délinquance juvénile qui s’entassent sur son bureau de la place Beauvau. Dans leur écrasante majorité, les jeunes de ce pays sont des personnes honnêtes, qui acceptent de travailler davantage que leurs parents pour pouvoir s’offrir un niveau de vie similaire. Ce n’est ni leur faire justice, ni se rendre populaire auprès d’eux, que de les traiter avec un tel mépris… Surtout lorsque cette idée n’est adoptée que dans le cadre d’une surenchère autoritaire avec Ségolène Royal et qu’elle contredit les positions prises quelques mois plus tôt sur ce même sujet (cf. Question orale du député Jean Glavany n°2306 et réponse de Nicolas Sarkozy, JO du 17 novembre 2005).
· Jurys populaires en correctionnelle : Nicolas Sarkozy n’a pas confiance dans notre justice pénale, et il ne s’en cache pas. Il faut dire que les juges du Siège, et même ceux du Parquet dans une moindre mesure, sont, en raison de cette farfelue « séparation des pouvoirs », bien moins dociles aux circulaires et notes de service que les brigades de la police nationale, que l’on peut mener au doigt et à l’œil au service de la politique sécuritaire spectacle… Alors, à une époque où l’on se met à réfléchir sur une réforme de la procédure pénale, il serait effectivement tentant de la remettre entièrement à plat pour en revenir à quelques principes de « bon sens » : une enquête menée par le seul commissaire de police et ses auxiliaires irréprochables (non, la Commission nationale de déontologie de la sécurité ne vient pas de rendre public un rapport daté du 12 avril 2006 indiquant une hausse inquiétante de ses saisines relatives à des pratiques policières), et puis un procès spectacle, où à l’impartialité et au professionnalisme tatillon du juge, vestige d’un légalisme poussiéreux, serait substituée le lynchage la sagesse populaire (Vox populi, vox Dei…). Alors, plus besoin de refaire les lois et de s’atteler notamment à une pénible réforme de l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs (comme le ministre de l'Intérieur en aurait pourtant le pouvoir) : la volonté répressive du chef, immanquablement à l'unisson du désir de vengeance du peuple, pourrait trouver à s’exprimer librement et directement…
Nul doute, je le crains, que les mois à venir nous réservent davantage de matière pour alimenter cette note…
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